Giorgio de Chirico - La fabrique des rêves |
Écrit par
Alexandre
le 25-03-2009
| Mise à jour le 26-03-2009
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L a queue pour rentrer dans une expo... Cela faisait longtemps. Que faut-il pour en arriver là? Qui a réussi à tant attirer l'attention des Parisiens pour me faire patienter devant les portes d'entrée de cette expo? Giorgio de Chirico. Rares étaient les Parisiens qui le connaissaient il y a encore peu. Ou du moins, je suppose, si ce n'est les amateurs d'art, et quelques gens cultivés. Parce que cet artiste italien du XX° a beau avoir choqué ses contemporains pour son oeuvre, il demeurait quelque peu méconnu. C'est encore mon point de vue. Après si je vous dis qu'il aurait pu le rester, c'est encore mon avis...
L'expo en elle-même est déroutante, tout comme l'oeuvre de cet homme, à l'allure italienne reconnaissable à vue d'oeil, et qui s'est distingué pour la grande quantité d'oeuvres qu'il a produite durant son existence. Certes il a vécu longtemps (1888-1978), mais le nombre d'oeuvres demeure important. Au premier abord, tout du moins... Petite explication.
Avant de me faire un petit plaisir, comme les critiques artistiques le font à tout bout de champ, un petit mot sur l'artiste et son style. Né en Grèce, il étudie à Berlin, avant de partir à Paris, ville qui l'inspirera énormément, partageant sa vie entre la capitale di Francia et Rome. L'attachement à l'Italie se retrouvant dans la majeure partie de son oeuvre. La période de sa vie fait qu'il a eu l'occasion de connaître, de juger et de s'inspirer de nombreux courants. S'opposant au futurisme, il se retrouvera dans le surréalisme de Breton, avant de s'en faire jeter, tout en demeurant admiré par des hommes, tels Matisse ou Man Ray. Giorgio de Chirico n'a jamais laissé personne indifférent. Moi non plus, d'ailleurs. Tout du moins après cette rétrospective de toute son oeuvre au MAM (à ne pas confondre avec notre chère ministre). Le style maintenant... Des couleurs vives, qui ne se chevauchent jamais, qui s'opposent, se complètent, pour créer une atmosphère singulière à chaque tableau. Des paysages simplistes aux lignes épurées, et à la perspective rigide. Des personnages informes et mystérieux. Une symbolique surréaliste, mystique, mais qui semble appartenir à un seul univers, celui de l'artiste. Entre divination, poésie, Antiquité, sciences et souvenirs de son enfance, les références se rencontrent et se répètent inlassablement. Et c'est bien là le premier hic, cela se répète inlassablement. Toujours les mêmes paysages, à quelques détails près, les mêmes couleurs, les mêmes thèmes... Peu de nouveautés dans une vie de travail. Et que dire de ses innombrables copies de maîtres de la Renaissance, en faisant le premier copiste connu de l'histoire de l'art, et ce, selon ses dires, pour apprendre leur technique. Encore à 70 ans, pour peindre quelques dernières toiles? Curieux passe-temps d'autant qu'il multiplie les oeuvres personnelles à côté. Cependant, vu la répétition, rien de nouveau (joli pléonasme, il est certain).
Ensuite, l'exposition elle-même s'éternise, peut-être du fait de la répétition intrinsèque aux oeuvres, mais elle ne semble jamais finir, les époques se succèdent, les dates se recoupent et les toiles semblent se déplacer le long du mur au fil de l'exposition... Artiste imbu de lui-même au point de se représenter successivement en prince du XVII°, en torero, puis en grand bourgeois du XV°, Chirico aura marqué son époque. Certains le comparent à un "pseudo-Dali sans ce petit plus qui fait Dali", peut-être est-cela tout ce qui est à dire... Comme dirait l'artiste lui-même : "Et qu'aimerais-je sinon l'énigme?" Jusqu'au 24 mai 2009 au Musée d'art moderne de Paris, avenue du président Wilson, métro Alma-Marceau et Iéna (ligne 9), à côté du palais de Tokyo.
Bravissimo pour cet article demi-biographie, demi-actu. Génial :D On peut aussi penser qu'à travers ses multiples autopotraits c'est le pathos humain qu'il voulait faire ressortir et non un moyen quelqu'il soit de se mettre en valeur. Les auportraits servent la réflexion de l'artiste, cela n'a rien à voir avec le fait d'être imbus de soi. De plus ces peintures ci on quelque chose de tragique, d'ironique, Max Ernst a dit à propos de autoportrai nu “C’est le portrait nu d’une ruine qui fut un jour un génie; un gros corps faible, totalement asexué, les joues tombantes et la pâleur d’un homme déjà presque mort. Il y a quelque chose de très convaincant dans ce portrait, comme si un peintre peignait son corps après la mort“. Il faut faire attention à ce que l'on affirme, bonne continuation Commentaire: Merci Marie pour ton commentaire. On peut lire les mémoires de de Chirico : \"Mémoires\", chez Flamarion.C\'est passionnant et ça explique beaucoup de choses sur cet artiste.De plus, il y a des recettes d\'enduits, de détrempes... Commenter |
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