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Exposition Modul'homme à la Galerie KernotArt

  Écrit par eKult le 19-06-2009 | Mise à jour le 19-06-2009 | Lu 446 fois

« Le travail d’Argentinelee révèle l’excès de standardisation et de mécanisation du monde postmoderne, dans lequel la vitesse du progrès machinique minore l’humanité et la sensibilité humaine au profit de la puissance et de la maîtrise. Depuis la modernisation et l’industrialisation, les systèmes technologiques, régis par l’efficacité et le fonctionnalisme, outils de domination sociale, sont devenus d’une grande complexité qui dépasse l’individu. Sur le plan esthétique, depuis la période de la Renaissance, la notion de perspective est le produit de la modernisation: elle permet la maîtrise de l’espace à travers la géométrisation du réel. Quant à elle, Argentinelee met en avant le système géométrique et en révèle un autre aspect : elle signale le décalage entre la règle et la réalité. Chez elle, la perception du corps est une représentation métaphorique du sentiment, de la psychologie, et même de l’inconscient. Paradoxalement, elle utilise les formes géométriques - sphères, cubes et cônes - pour lutter contre la géométrie, pour dévoiler cette autre face, dissimulée, de la forme. Argentinelee a recours au corps, lieu de modes multiples de saisie perceptive : perception optique, certes, mais aussi tactile, sensible. La géométrie refoule la dimension organique, dissimulée sous l’abstraction idéalisante de la forme pure, mais Argentinelee expose justement cette dimension occultée qui transparaît dans ses structures géométriques organisées avec des corps qui servent de modules dans des matrices formelles que l’on peut nommer des "géométries sensibles"...».

 

 

La galerie KernotArt à le plaisir de présenter dans son nouvel espace rue Saint-Claude la première exposition personnelle de l’artiste coréenne Agertinelee. Cette artiste polyvalente, utilise dans son travail la vidéo-installation interactive, la performance, la photographie et l’image numérique retravaillée sur ordinateur dans le but d’analyser la relation entre l'homme et la machine.


Aujourd’hui, Argentinelee a développé une nouvelle étape de sa réflexion en poussant encore plus loin sa recherche qu’elle a focalisée sur l’impact de la technologie sur notre société postmoderne. Modul’homme, le titre de l’exposition, invite les visiteurs à s’interroger sur l’interaction de l'identité humaine avec les innovations en l’analysant par le prisme des nouvelles technologies et notamment de l'intelligence artificielle. La galerie présente une série inédite de photographies et de dessins ayant une consistance matérielle animée en 3D où les corps humains nus forment des figures primitives telles que des cubes, des cylindres et des cônes, les formes de base proposées par les logiciels de modélisation en 3D qui recomposent l’espace comme un environnement virtuel prétendument hyperréaliste. La simulation d’un volume réel par ces formes primitives est transcodé et visualisé selon des règles mathématiques très élaborées. Mais contrairement à la réalité du vivant, le monde virtuel issu du monde computationnel ne permet pas de représenter la variabilité infinie des êtres. Les volumes virtuels créés permettent de retranscrire une certaine perception humaine dans l’espace et dans le temps mais ils sont dénués d’âme et se comportent comme des surfaces vides dépouillant les corps de leur substance vivante. Selon Argentinelee, les hommes sont en permanence "connectés" au monde et la surcharge d'informations et de machines électroniques en tout genre génère les conditions d'une vie particulière. L’activité humaine dessine un environnement technologique qui se perpétue et s'accumule. Dans cette situation totalement artificielle, l'homme tend à devenir la seule mauvaise composante de l'espace numérique d’où sa frustration.

 

Modul'homme KernoArt

 

 

Dans ses photographies le corps de l’homme est utilisé comme un module avec des poses plastiques nous rappelant la peinture italienne, et notamment Le Caravage qui, dans ses oeuvres imprégnées de souffrance, fait ressurgir le côté dramatique et réaliste des formes. Le travail d’Argentinelee fait apparaître la condition humaine dans toute sa cruauté : l’homme est à la peine dans un monde qui lui devient étranger et qui ne lui appartient plus vraiment. Dans certaines poses il semble chercher le ciel et une sortie en faisant écho aux hommes de Dante destinés à être enfermés aux Enfers pour toujours. Mais à côté du drame et de ces univers grotesques, les photographies d’Argentinelee offrent une échappatoire car, malgré la volonté de modélisation et de standardisation de la forme humaine, la résultante est un travail palpitant où l’émotion prend le dessus sur la géométrie. Il existe alors, peut être, un idéal technologique et sensible où l'homme peut vivre pleinement sans aucune altération de son identité ?

 

Vernissage samedi 16 mai 2009
Exposition du 16 mai au 31 juillet 2009 du mardi au vendredi 11h-19h et samedi 14h-19h et sur RDV

 

 





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