Exposition Modul'homme à la Galerie KernotArt |
Écrit par
eKult
le 19-06-2009
| Mise à jour le 19-06-2009
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« Le travail d’Argentinelee révèle l’excès de standardisation et de mécanisation du monde postmoderne, dans lequel la vitesse du progrès machinique minore l’humanité et la sensibilité humaine au profit de la puissance et de la maîtrise. Depuis la modernisation et l’industrialisation, les systèmes technologiques, régis par l’efficacité et le fonctionnalisme, outils de domination sociale, sont devenus d’une grande complexité qui dépasse l’individu. Sur le plan esthétique, depuis la période de la Renaissance, la notion de perspective est le produit de la modernisation: elle permet la maîtrise de l’espace à travers la géométrisation du réel. Quant à elle, Argentinelee met en avant le système géométrique et en révèle un autre aspect : elle signale le décalage entre la règle et la réalité. Chez elle, la perception du corps est une représentation métaphorique du sentiment, de la psychologie, et même de l’inconscient. Paradoxalement, elle utilise les formes géométriques - sphères, cubes et cônes - pour lutter contre la géométrie, pour dévoiler cette autre face, dissimulée, de la forme. Argentinelee a recours au corps, lieu de modes multiples de saisie perceptive : perception optique, certes, mais aussi tactile, sensible. La géométrie refoule la dimension organique, dissimulée sous l’abstraction idéalisante de la forme pure, mais Argentinelee expose justement cette dimension occultée qui transparaît dans ses structures géométriques organisées avec des corps qui servent de modules dans des matrices formelles que l’on peut nommer des "géométries sensibles"...».
La galerie KernotArt à le plaisir de présenter dans son nouvel espace rue Saint-Claude la première exposition personnelle de l’artiste coréenne Agertinelee. Cette artiste polyvalente, utilise dans son travail la vidéo-installation interactive, la performance, la photographie et l’image numérique retravaillée sur ordinateur dans le but d’analyser la relation entre l'homme et la machine.
Dans ses photographies le corps de l’homme est utilisé comme un module avec des poses plastiques nous rappelant la peinture italienne, et notamment Le Caravage qui, dans ses oeuvres imprégnées de souffrance, fait ressurgir le côté dramatique et réaliste des formes. Le travail d’Argentinelee fait apparaître la condition humaine dans toute sa cruauté : l’homme est à la peine dans un monde qui lui devient étranger et qui ne lui appartient plus vraiment. Dans certaines poses il semble chercher le ciel et une sortie en faisant écho aux hommes de Dante destinés à être enfermés aux Enfers pour toujours. Mais à côté du drame et de ces univers grotesques, les photographies d’Argentinelee offrent une échappatoire car, malgré la volonté de modélisation et de standardisation de la forme humaine, la résultante est un travail palpitant où l’émotion prend le dessus sur la géométrie. Il existe alors, peut être, un idéal technologique et sensible où l'homme peut vivre pleinement sans aucune altération de son identité ?
Vernissage samedi 16 mai 2009
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