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La Force de l'art 02 ou Souvenirs du Futur

  Écrit par Cornel Barsan le 25-05-2009 | Mise à jour le 26-05-2009 | Lu 1428 fois

« Que la Force soit avec toi ! »
« Car mon alliée est la Force. Et c'est de mes alliées la plus puissante. «

Star Wars

 

Non, nous ne sommes pas seuls ici, sur la Terre, c’est une grande nouvelle que je veux vous donner, après ma dernière visite au Grand Palais.

Nous avons utilisé trop les épithètes comme génial, talentueux, extraordinaire, etc., donc c’est difficile de comprendre autres types de manifestations intelligentes sur la Terre.

C’est pour cela que la visite au Grand Palais s’impose tout de suite, vous allez voire la manifestation « La Force de l’art 02 », faisant partie d’une série incontournable qui parle en réalité d’un autre monde sensible,  récemment dévoilé par les  explorateurs. 

Il s’agit de l’univers de l’art contemporain.


J’ai découvert de cette façon, les nouvelles espèces  intelligentes  qui s’appellent « triennaloïdes ». Leur univers n’est pas du tout parallèle, ils sont apparemment comme nous et ils existent, apparemment, depuis toujours dans notre sous-conscient.



Une fois tous les trois ans vous pouvez les découvrir à la manifestation plus haut citée. De facto ils représentent l’image multipliée de nos besoins telluriques, éphémères, de jure, ils sont des justiciers capables d’analyses cyniques, toujours cultes, sur notre existence misérable, des pauvres consommateurs  inconscients.

Les biennaloïdes  sont pareils, aussi les pentanaloïdes, ils se nourrissent avec des déchets  comme des panneaux détruits, emballages flottantes sur la boue, des boules brillantes en chrome surdimensionné, ou avec de la gélatine colorée.

Alors, l’idée que nous vivons seuls sur la surface de notre Terre s’est écroulée, pareil aux idées du temps de Galileo Galilei quand la Terre était plate pour l’église de l’époque. Comme toute infrastructure (administrative, critique et artistique) de l’art contemporain garde sa constance dans le temps, on peut utiliser, à propos de cette manifestation la métaphore de « Souvenirs du Futur » citation du titre de l’œuvre d’Erich von Däniken, l’écrivain suisse.

C’est  pour ça que d’autres artistes dits « terriens » n’ont pas accès à ce grand mouvement officiel de Force pure, extra-terrestre. Le publique, lui non plus, il ne s’engage pas dans ces nouvelles énergies de l’esprit, il reste tranquille devant les caisses de billets du musée du Louvre. Il n’est pas prêt, peut –être, de prendre les bonnes décisions dans le choix de leurs périples culturels.


En tout cas, au Grand Palais l’écho est très puissant, pas beaucoup de vivants dans cet espace, mais surtout un fluide dégagé par cette force de l’art, une énergie qui nous entoure et nous pénètre.

« Du sublime au ridicule, il n y a qu’un pas », Napoléon Ier le disait aussi.

Un titre d’une telle résonance oblige à un « déploiement de forces » sur mesure, mais nous découvrons à l’intérieur des installations morbides, cyniques, avec le mode d’emploi dans les textes accrochés aux murs.

Ni émotions, ni idées, un seul grand narcissisme extraterrestre dominé par un bigotisme impuissant.

 
Franchement je ne peux pas comprendre pour quoi l’esprit cynique est toujours associé avec l’esprit culte, voilà une chose qui est devenu emblématique, et tous les artistes en vogue appliquent cette recette sans risque. Et le pauvre publique, toujours insulté est obligé d’être obéissant, il n’est toujours pas capable de bien comprendre le vrai chemin de la vie, il a besoin des interprètes de type FDA 02 extraterrestres. Attention Mesdames et Messieurs extraterrestres, il y a beaucoup de pauvres gens qui ont un parcours culturel bien plus long que vous le croyez.



Finalement toutes ces grilles des programmes imposés partout font de graves discriminations esthétiques, manquant d’une possibilité de choix. Toujours des extrêmes : Des artistes-triennalïens sans pitié, avec des produits culturels dits cérébraux, avec des forces imaginaires, en contraste avec des artistes – terriens qui n’ont pas la lucidité d’avoir une vraie cohérence avec eux – même dans leurs œuvres, avec des produits culturels de foire populaire, chassés en permanence par des factures et autres dettes.

Mais quelle générosité de la part des organisateurs de cette manifestation : l’entrée pour les artistes professionnels n’est pas payante ; quelle honneur !

Ne vous inquiétez  pas, rien n’est gratuit dans l’art; le nouveau type de cynisme organise tout: c’est gratuit pour bien comprendre ce que c’est l’art aujourd’hui, pour bien nous mettre sur les rails de cette manière de penser. C’est interdit de faire de l’art autrement, sous peine d’être expulsé tacitement du monde de l’art. Bienvenus les staliniens !


En revanche, pour le publique c’est tout de même moins cher qu’un voyage interstellaire; il peut les toucher (furtivement) du bout des doigts. Si on veut les connaître mieux, c’est obligatoire d’être FRAC, Fondation Cartier, et autres mécènes, eux-seuls sont toujours prêts à bien se payer cet onéreux voyage.

La Force est une sorte d'élément mystique  qui donne de grands pouvoirs à ceux qui savent l’utiliser, comme Jedi ou Dark Vader de Star Wars  qui nous l’ont démontré.

C’est pareil pour cette manifestation, des contradictions qui séparent le bien du mal. Il y a des intentions plus humaines dans quelques produits culturels d’ici, ce ne sont pas que des espaces-installations sans histoire, avec des idées implosives, surtout cérébrales, manquant de vraies traces de douleur ou de joie humaine. Mais des idées à la mode. Ils parlent toujours de la nature, leur monde extraterrestre est vert, tout est vert, alors ils sont militants pour être vert; ils ne mangent pas des êtres vivants comme des colombes, ou agneaux, ils n’utilisent pas des produits en plastique, pas de voitures, ils ont raison d’être verts. Alors, si vous êtes coupables de ces grandes fautes je vous prie de ne pas essayer d’être artiste; pour le publique c’est pareil, laissez tranquille la future « Force de l’art 03 », vous n’êtes pas digne de ce monde de saints.

On jette un coup d’œil sur ce haut monde venu d’ailleurs, très difficilement accessible :

Mircea Cantor réussit la performance de nous parler avec une simplicité émouvante de l’amour comme moteur de toute notre histoire, le  seule peut – être, cet amour, capable de nous transporter par la Grande Porte en or et de nous faire détacher de notre éphémère  existence sur la Terre. Thèse, antithèse, synthèse, la triade hégélienne c'est-à-dire l’artiste -âne, le model-choisi, la peinture– produit culturel, quel esprit d’observation plein des profondeurs! Merci Xavier Boussiron et  Arnaud – Rojoux  parce que vous existez dans l’art extraterrestre !


Inattendus haut- reliefs de terres marrons et noires en résine - pour moi - une des plus poétiques visions existantes dans cette manifestation, secondée par les sensuels troncs d’arbres en blanc et acier comme un sourire triste, un travail de Didier Marcel.


Heureusement, Julien Prévieux  a  bien fait en nous venant en aide; nous pouvons trouver sur un mur, à coté d’une bibliothèque toutes les formules magiques pour bien comprendre l’évolution esthétique du monde.

 …et Philippe Mayaux parle de moi – un agitateur !

 

Cornel Barsan




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