Quarez : les affiches, les autoportraits |
Écrit par
Romain
le 27-10-2009
| Mise à jour le 30-06-2010
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C onnaissez-vous Quarez ? Trois ans après une grande rétrospective de ses affiches à Amsterdam (Stedelijk Museum, haut-lieu d’exaltation du mouvement CoBrA), la France s’y met. Magnifique rétrospective de ces folles affiches à Paris (Bibliothèque Forney, Hôtel de Sens). Utilisé par Quarez, le jaune fluo, le magenta fluo prennent une aura, une douceur que ne posséderont jamais les gilets de signalisation routière. Ses affiches sont toutes des bonbons et des baisers pour les spectateurs. Le choc est enrobé mais laisse un goût piquant de souffrance humaine que l’affiche nous force à embrasser. La vie avec le Sida, ou celle de l’émigrant harcelé par l’administration, c’est pire que de sentir sur ses joues les moustaches d’une vieille tante. Prime de plaisir : vingt-cinq lascars black-beur hauts de 2 m 50 dessinés au pinceau de peintre en bâtiment trempé dans l’encre. En tout, quatre salles en rez-de-jardin accueillent les œuvres du grand peintre d’affiches, considéré à l’étranger comme l’un des meilleurs du monde. En contrepoint, ailleurs (Galerie Sit Down), une expo de Quarez plus petite. Cette fois, ce sont des tableaux sur toile qu’il appelle ses autoportraits. Mais il faudrait être Rimbaud pour y voir des autoportraits. Ils sont peints par un je qui est un autre.
Ses autoportraits de peintre sont en fait des portraits d’autres peintres : les quinze noms qui lui viennent en tête quand il se demande pourquoi il aime la peinture. Les superpop, Picasso, Matisse, Léger, Warhol, Guston, Niki de Saint-Phalle. Les hommes de sa génération, Monory, Rancillac, Télémaque, le label “Figuration Narrative” à peu près au complet. La bande Cueco, Fromanger, Adami, Aillaud. Et Chirico est leur ancêtre. Les visages des artistes sont croqués avec une habileté mélancolique, comme en l’absence de Quarez, dans le style évasif du peint à l’acrylique. Quarez, jamais aussi solide et présent que dans une affiche qui met en rapport l’artiste et une destination. Hugo Lacroix
un grand merci à Hugo Lacroix pour ce codicille à son article très inspiré du Libé de samedi. C'est senti et juste, et c'est beau. Commenter |
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