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Salvador Dalì ou le clown paranoïaque

  Écrit par Romain le 31-12-2008.   Mise à jour le 17-01-2009.   Vue: 19066 fois.

D
alì a semé le fantastique et l’intrigue dans le XXème siècle. Salvador reste une référence incontournable de l’art contemporain. Il a construit ses œuvres si riches en s’inspirant chaque fois des méandres de cet habitant subversif de notre esprit qu’est l’inconscient collectif. Aux détours de ses travaux, on ne peut qu’être submergé par son style « figuratif dans l’abstrait ». 

Fils de notaire de Figueres, il voue, dès son enfance, un culte au dessin et à la peinture. A l’âge de 18 ans, il entre aux Beaux-Arts de Madrid. Pendant ses études, il rencontre de jeunes artistes avant-gardistes, se lie d’amitié avec le poète Federico García Lorca et le cinéaste Luis Buñuel. Diplôme en poche, il va s’abriter dans la Mecque du Surréalisme de l’époque : Paris.

Dans les vapeurs d’absinthe, Dalì l’exubérant, l’anticonformiste, s’adapte parfaitement au swing des années folles. Il y rencontre son égérie, sa muse, sa compagne : la jeune russe Helena Diakonova, alias Gala. Gala qui deviendra son unique modèle féminin. Dès 1930, Dalì créé son modus operandis si particulier qui le rendra si connu : la méthode paranoïa critique.

« Une force organisatrice et productrice de hasard objectif. C'est l'organisation systématique - interprétative du sensationnel matériel, expérimental, surréaliste, épars et narcissique.»

Voilà le manifeste artistique de notre fulgurant maître…Pendant la seconde guerre mondiale, il se réfugie loin des batailles, aux Etats-Unis. Sa peinture offre alors une vision réaliste aux idées subjectives (travaux de Freud, Physique quantique…) qui émergent de la course à l’innovation lancée par la guerre froide. Elle émeut l’Amérique.

Son enfance, les phobies collectives, sa vision du sexe et ses propres troubles comportementaux seront les éléments de sa palette créatrice de chef-d’œuvre. La religion, la Science et l’Histoire feront également l’objet d’analyses récurrentes. Tous ces thèmes polémiques sont mis à nus par l’exubérance de l’artiste et par sa méthode. Le Délire, maîtrisé par Dalí, se projette dans ses toiles grâce à une sorte de « réalisme onirique ». Il faut aussi savoir que Salvador est un enfant mis au monde par défaut. Il remplace son frère aîné, mort né. Dans son enfance, il va s’assumer comme un objet et non comme un être. Ses troubles infantiles vont – toujours selon Freud – marquer le peintre à vie. Le premier but de son comportement pittoresque est de se redéfinir comme un Homme à part entière. 

Dans les années 50 et 60, Salvador revisite la Renaissance et délaisse le Surréalisme en proie au conformisme. Les techniques utilisées dans l’art pictural au XVème siècle par Velasquez s’ouvre à Dalí. La complexité et la précision de cet univers le fascine. Il se sent happé par la philosophie humaniste des Lumières. La fission de l’atome, les expéditions spatiales, la psychanalyse … Dalí pense revivre l’accélération de découvertes de la Renaissance. Il tend à se comparer à De Vinci, Vermeer, Raphael… C’est l’exagération qui fera de Salvador un personnage unique. Son comportement est adapté à sa démarche artistique et créatrice. A cause de son arrogance et de son mépris pour les autres peintres, il se fera même évincer du mouvement surréaliste mené par la grande conscience du moment : André Breton. Sa philosophie : l'Art ne se limite à l’exercice de l’Art, il doit envahir la vie et se mêler de tout. C'est un art de vivre à proprement dit. Il va s’inspirer de sa propre vie, de sa propre expérience. Le Surmoi (phobies collectives, règles de la Cité) et le Ca (inconscient marqué par l’enfance, lié à la sexualité, aux désirs) vont se rencontrer dans le Moi paranoïaque « dalinien » d’où va naître de grands concepts qui vont directement nous toucher.

 
 

Les grands concepts « dalinien » illustrés Le Mou et le Dur.

Ces deux facettes constamment décrites par l’artiste représentent la dualité de ce personnage controversé. Le Mou représente le périssable, les phobies daliniennes (les fourmis, les sauterelles et la mort…) ainsi que l’intemporalité. C’est en quelque sorte « la face immergée de l’iceberg », les faiblesses de l’Humanité. Alors que le Dur englobe la stabilité, la connaissance brute etc. Autrement dit : l’appui des Hommes. Tout ce qui est forgé, tout ce qui reste des âges passés. Le Dur est souvent matérialisé par l’un des fétiches les plus connus de Dalí : La Canne, assimilable à un véritable sceptre du Pouvoir et de la Domination.

 

La Science et la psychanalyse

Dalí a toujours été fasciné par la science. Selon lui, elle est le pont entre la nature et l’esthétique. En effet, le nombre d’or utilisé par les peintres de la Renaissance permettent une figuration parfaite de la nature. Les découvertes de notre ère (bombe atomique, ADN...) attire l’attention de Salvador.

L’abstraction nécessaire pour toucher ces concepts novateurs intéresse l’artiste : il souhaite offrir une représentation de ces idées obscures grâce à la maîtrise chronique de ses délires. Par ailleurs, Salvador Dalí a trouvé un refuge, un réconfort et surtout une explication à ses mutilations infantiles en étudiant Freud. Ses œuvres font constamment référence à la psychée.  Les peurs, les vices humains - ancestraux et « daliniens ».De manière générale, les attributs des dieux grecs correspondent aux phobies incrustées dans les tréfonds de nos pensées.

Le Temps, la Nature, le Sexe, la Guerre... Dalí a réussi l’incroyable pari de coucher sur ses toiles nos démons et ses propres démons. Ses peurs résultent – toujours d’après Freud -, de chocs infantiles. Les insectes (fourmis essentiellement), les grands animaux (chevaux, rhinocéros, éléphants) sont devenus de véritables objets fétichistes aux yeux de cet artiste. Dans son imaginaire, ils correspondent souvent au Pouvoir, à la domination animale, physique ou encore sexuelle.  

Les horloges molles, grandissime classique de Dalí, soulignent le caractère périssable du temps.

En quelque sorte, l’idée du sablier, du temps perdu qui s’égraine. Ce même temps si précieux pour nous, mortels. La mythologie grecque, vénérée par Salvador, est symbolisée par des temples souvent portés par ses grands animaux. Rares sont les « totems » de bonheur chez Dalí. Excepté la Rose, qui peut cependant s’interprété de plusieurs façons… Vous l’aurez compris ce bonhomme est excessivement excessif et intéressant. Autre source d'inspiration, la religion constamment étudiée et réinterpretée par les symboliques  paranoïaques définies.

 

L’influence d’une femme : Gala

Cette russe née en 1894 rencontra et se lia en 1913 au poète français : Paul Eluard. Elle s’immisce dans le milieu surréaliste parisien et est introduite auprès de personnalités du moment comme André Breton ou encore Max Ernst. Eté 1929, Portlligat, Helena coupe la route de Dalí. Ils ne se séparèrent plus. Elle eut une importance capitale dans la vie de l’artiste. Gala devient son modèle officiel. Elle le poussa à développer sa méthode paranoïa critique dès 1930 et l’encouragea à produire « à la chaîne ». Son culte de l’argent fait alors surface.

Salvador Dalí, l’intrigue du XXème siècle, s’est offert. Son exubérance hors du commun, son dévouement pour l’Art ne peut que nous émouvoir. On reste subjugué par son talent. Toutes ses œuvres portent sa marque reconnaissable au premier coup d’œil. Il a réussi à représenter, par la maîtrise de son délire, les idées abstraites les plus pointues de notre ère. Son « réalisme onirique » reste gravé dans la mémoire.

 





Commentaires (6)
Flux RSS des commentaires
Avatar de Christopher1. Ecrit par Christopher le 17-01-2009 14:55
Ce papier est définitivement incontournable! Génial! 8)
Avatar de Romain2. Ecrit par Romain le 18-01-2009 15:22
...Il y a quand même des problèmes de formulation, des compléments à faire et l'orthographe à vérifier :p
Avatar de Christopher3. Ecrit par Christopher le 18-01-2009 23:10
Tu te répètes un peu à certain endroit mais c'est pas gênant, sincèrement bel article!
Invité4. Ecrit par Aurélien le 19-01-2009 09:41
Salvador Dali et l'érotisme avec un grand X...
Invité5. Ecrit par Jonathan le 14-12-2009 13:20
De belles intuitions. 
Sinon le latin, c'est très bien, mais quand on sait le décliner, c'est encore mieux : on dit modus operandi, sans "s" à operandi.
Avatar de Romain6. Ecrit par Romain le 18-12-2009 12:08
Et bien ici, on décline le latin..Non, mais ce papier est à retoucher largement...pas mal de fautes de style et de fautes d'orthographe proches de l'impardonnable..

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