Débacle au Salon du Livre |
Écrit par
Véronique Blamont
le 10-03-2008
| Mise à jour le 01-10-2008
| Lu 535 fois | ||||
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L a politique s’invite au Salon du Livre. Boycott du Liban,
de la Tunisie, de l’Algérie parce qu’Israël est l’invité de la manifestation.
Et où sont les intellectuels français si prompts à la « pétitionite »
d’habitude ? Aux abonnés absents.
La France, terre d’asile et de libertés, se tait. Or on connaît l’adage
juridique : « qui ne dit mot consent ». Sur notre sol, violents
tirs de roquettes sur des écrivains israéliens : silence absolu des
romanciers de l’Hexagone. Scandale total. Ils écrivent avec des mots, de
simples mots et font de la littérature. Cette dernière est hors du champ de la
politique, qu’on se le dise. Un roman c’est avant tout une histoire. Celle-ci a
intérêt à être universelle pour franchir les frontières. Il y a, derrière
chaque livre, derrière tous ces sujets, verbes, compléments d’objets assemblés,
de l’art. Ce dernier est pacifique et symbole de liberté. En France, donc,
aujourd’hui on assiste au rétablissement de la censure et à un nouveau
délit : celui de « sale gueule des écrivains étrangers ».
Romancière, je dis au et haut fort que la politique ne doit pas s’inviter au
Salon du livre. Et je déplore le mutisme abyssal de nos grands esprits. Comme
disait Reiser : « On vit vraiment une époque formidable »…
Véronique Blamont
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