Justine Lévy « Pauvre petite fille riche... » |
Écrit par
eKult
le 23-01-2008
| Mise à jour le 26-09-2008
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R "ien de grave", dans cette confession Justine Lévy, se glisse dans la peau de Louise et nous décrit sa lente chute sous l'emprise des amphétamines, sa dépression: « Qu'est-ce qui ne va pas? Rien, papa, tout va bien, je suis ta petite Louise et tout va bien, même si dedans c'est le vide, ou le chaos, ou les montagnes russes… » Rien de grave « tel est le titre du roman de Justine Levy. Rien de grave qu’est la mort de sa grand mère ainsi doit on le comprendre dés le début de cet ouvrage littéraire. Ce roman est bouleversant on a envie d’avoir connu cette grand-mère adorable, d’avoir partagé ses fragments, ses instantanés de la vie de Louise, on partage le dernier message d’une grand-mère archivé dans la messagerie de son portable ainsi que la réaction qui suit de la part de celle qui était appelée « Ma petite Lou » :« Je ne pleure pas mais quelque chose en moi a bougé un pincement du coté du cœur, un battement comme quand on a couru trop vite, j’aurais pas dû écouter ma messagerie je me dis, mais je ne pleure toujours pas.»'C’est un certain regard que nous lance Justine Levy sur sa vie, s’en est d’ailleurs presque gênant, c’est sans doute un roman de « secours » ou du moins qui lance un appel, pour dire qu’on a mal mais que l’on se sent bien, que l’on continue de vivre, c’est en quelque sorte une thérapie littéraire. Elle a trouvé refuge dans l’écriture, un style au propos dur mais qui nous émeut, un style juste. C’est aussi une remise en cause de soi même : « Dans quelques années bof, je serai presbyte, quelle horreur, et j’aurai des rides et tout, je me regarde dans le miroir, je n’ai pas de rides, j’ai une mauvaise mine.»'Une écriture nostalgique qui ne se laisse pas tomber dans la mélancolie, tout simplement pleine de souvenirs et de drames familiaux mais aussi amoureux, Adrien son mari l’a quittée pour Paula, la maîtresse de son beau-père, une ex mannequin : « Belle est bionique avec un regard de tueuse ». Drogue, avortement rien ne lui est épargné on a presque envie de pleurer mais l’écriture déborde d’énergie dont on ne peut que se gorger. La vie se trouve transformée en un vulgaire brouillon comme le dit si bien Louise : « La vie est un brouillon, finalement. Chaque histoire est le brouillon de la prochaine fois, on rature, on rature, et quand c’est à peu près propre et sans coquilles, c’est fini, on a plus qu’à partir, c’est pour ça que la vie est longue. Rien de grave. »Mais si ce brouillon est ainsi fait alors on a envie de le lire, d’essayer de le comprendre et de le déchiffrer sans le corriger.
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gorger. La vie se trouve transformée en un vulgaire brouillon comme le dit si bien Louise : « La vie est un brouillon, finalement. Chaque histoire est le brouillon de la prochaine fois, on rature, on rature, et quand c’est à peu près propre et sans coquilles, c’est fini, on a plus qu’à partir, c’est pour ça que la vie est longue. Rien de grave. »Mais si ce brouillon est ainsi fait alors on a envie de le lire, d’essayer de le comprendre et de le déchiffrer sans le corriger.


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