Quand on va aux US, c'est pas franchement pour aller à Cincinnati. Et pourtant, c'est bien là qu'Obey a décidé de déposer ses valises...
Virginie Despentes |
Écrit par
Kenzav
le 23-01-2008
| Mise à jour le 22-04-2008
| Lu 2174 fois | ||||
V irginie Despentes ou l’incarnation d’une nouvelle mouvance littéraire bien loin des cultures académiques… Elle est une romancière française née le 13 juin 1969 à Nancy. Fille unique de parents postiers, et issue d’une culture populaire, elle exerce plusieurs professions : masseuse, caissière, strip-teaseuse, chroniqueuse dans une revue porno, et écrit son premier roman, « baise–moi » en quelque mois. Sulfureux et injecté, son style choque, révèle sans détours une réalité parfois trop noire et trop crue. Seulement au fil des pages, on comprend peu à peu les mots, le défouloir de la plume, car en littérature, rien n’est laissé au hasard, tout a un sens.
Malgré un talent incontestable, les débuts furent évidemment difficiles. Faire accepter une littérature aussi trash est une véritable révolution dans les mentalités, une véritable étape pour les maisons d’éditions. Au milieu de tous les refus, un nouvel éditeur, Florent Massot, soutient cette écriture non conventionnelle et c’est ainsi que naît le premier roman d’un des écrivains contemporains les plus controversés. L’éditeur ne s’est pas trompé la sortie du livre fait l’effet d’une bombe dans le milieu littéraire. Seulement la polémique va bon train : certains qualifient Despentes de phénomène culturel tandis que d’autres, comme Lorette Nobécourt, parlent de littérature vidéo, une littérature creuse qui se contenterait de rapporter un monde glauque où le sexe n’est que perversion. Seulement le succès donne raison à certains et tort à d’autres… Virginies Despentes confirme son talent avec son succès « les chiennes savantes » et ses romans suivants. Son style engagé et populaire, s’affirme, s’engage, et révèle une société où les discriminations sexuelles et les inégalités sont bel et bien présentes. L’écriture devient alors vengeance, liberté, les pages transforment les dominés en dominant, les femmes deviennent viriles jusqu’au bout de leurs ongles manucurés, et prennent le pouvoir d’un monde régenté par des fantasmes uniquement masculins. Virginie Despentes prend pour cibles des sujets bien précis, à savoir la ghettoïsation (dans son livre Baise moi), la manipulation du sexe féminin par la mafia (dans son livre les chiennes savantes), et tente de libérer une fois pour toute la femme dans son troisième roman, « les jolies choses », qui propulse ses personnages Pauline et Claudine, dans un univers factice et pervers, le show biz. Elle crée un mélange détonant en associant littérature policière et pornographie, et institue alors un véritable langage populaire. Son écriture est alimentée d’action, de rapidité, et peut donc être facilement rapprochée au cinéma et à l’écriture de scénario. Malgré toute cette « trash-itude » de l’écriture, le sexe, le vice, et le décor populaire ambiant, Virginie Despentes fait apparaître à travers les personnages de chacune de ses héroïnes une facette qui les sauve de l’horreur, de la monstruosité, qui les rend plus humaines, plus touchantes, un coté fleur bleue, présent mais très, très bien caché…
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