Piers Faccini, le songwriter angélique |
Écrit par
jeansanteuil
le 19-03-2009
| Mise à jour le 19-03-2009
| Lu 397 fois | ||||
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Sans rien imposer, il jouera pourtant au bout du compte un rôle essentiel, en aidant Piers Faccini à rendre le tout cohérent. D’un commun accord, les deux hommes ont laissé certaines démos dans leur nudité première, telles les soufflantes ballades guitare-voix Who Loves The Shade, Time of Nought ou My Burden Is Light. Sur les autres titres, ils ont en revanche brodé des étoffes instrumentales destinées à mettre en valeur la pureté de leurs lignes et de leurs courbes. Des complices de la première heure comme Jeff Boudreaux (batterie) et Vincent Segal (violoncelle), ou plus récents comme Jules Bikoko (basse), consolident ainsi les coutures de chansons parées de somptueux motifs mélodiques (The Wind That Blows, To See Is to Believe) ou d’explosives couleurs électriques (Your Name No More, A Storm is Going to Come). De fines teintes de piano, d’orgue, de cordes ou d’instruments à vent (ces derniers arrangés par Julien Chirol) en imprègnent aussi les tissus ici et là. D’autres arrangements possèdent le vif et chaleureux éclat de l’impromptu. Ainsi l’apparition vocale de Francesca Beard sur Save a Place to me, ou les chœurs de A Home Away From Home assurés par la chanteuse zoulou Bhusi Mhlongo, que Piers Faccini a rencontrée lors d’une tournée en Afrique du Sud organisée par son ami Nibs Van Der Spuy. Ces savantes mixtures de timbres étendent la palette de sa musique, une fois de plus, Piers Faccini s’affranchit des tons primaires du folk orthodoxe pour s’iriser de pigments empruntés au blues comme à la musique malienne, à la chanson napolitaine comme à la pop, à la musique médiévale comme aux mélopées du Moyen-Orient. Elles apportent aussi un riche éventail de nuances à un disque qui, derrière sa tonalité souvent radieuse, comporte également sa part d’ombre. Dans ses textes, Piers Faccini, qui endosse ici pour la première fois le rôle de storyteller, ne cache rien des troubles ni des douleurs que lui inspire la marche chaotique du monde. Qu’il traite de l’incapacité des hommes à accorder leurs différences (Two Grains of Sand, Your Name No More) et à se considérer comme frères (Strangers), qu’il scrute avec gravité la ligne d’horizon pour le moins brouillée du futur (A Storm is Going to Come) ou qu’il célèbre la mémoire d’un être cher emporté par une overdose (Who Loves The Shade), son verbe poétique, sans prêchi-prêcha ni manichéisme, embrasse la sensibilité d’un esprit qui tente de mettre en harmonie son optimisme naturel et son implacable lucidité. Commenter |
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